
Contrairement à l’idée reçue, la réforme du numerus apertus n’a pas diminué la sélection en médecine ; elle l’a rendue plus complexe et stratégique.
- La compétition, autrefois concentrée sur un concours unique, s’est déplacée sur les notes de la mineure, la performance à l’oral et la capacité de rebond après un échec.
- Le taux de réussite global reste faible, car l’exigence de niveau n’a pas baissé, et la pression psychologique s’est intensifiée.
Recommandation : La clé du succès n’est plus le bachotage intensif d’un programme unique, mais une stratégie lucide définie dès le lycée, incluant le choix d’une mineure cohérente et la préparation de plans B solides.
Je vous vois, dans les couloirs du lycée ou lors des journées portes ouvertes, les yeux brillants d’une vocation. Médecine. Un mot qui sonne comme une promesse. Vous avez entendu parler de la grande réforme, de la fin du « numerus clausus », ce couperet qui, pendant des décennies, a brisé tant de rêves sur l’autel d’un chiffre. Aujourd’hui, on parle de « numerus apertus », de parcours diversifiés (PASS et L.AS), d’une « seconde chance ». L’idée s’est installée, insidieusement, que l’accès aux études de santé serait devenu plus simple, plus juste, plus « ouvert ».
En tant que Doyen, ayant vu passer des générations d’étudiants avant et après cette réforme, mon devoir est de vous dire la vérité, sans fard. Cette « ouverture » est une illusion pour qui la regarde sans comprendre ses mécanismes. La sélection n’a pas disparu. Elle s’est métamorphosée. Elle est devenue moins frontale, mais plus diffuse et, pour beaucoup, plus impitoyable. Elle ne vous attend plus à un point fixe – le concours – mais vous traque tout au long d’un parcours semé de nouveaux points de rupture.
L’enjeu n’est plus de survivre à un unique sprint, mais de tenir la distance d’un marathon stratégique où chaque choix, chaque faiblesse, chaque moment de doute peut devenir éliminatoire. Cet article n’est pas là pour vous décourager, mais pour vous armer de la seule chose qui vaille dans ce nouveau système : la lucidité. Nous allons décortiquer ensemble, point par point, pourquoi la compétition est plus féroce que jamais et comment vous pouvez la préparer intelligemment.
Pour naviguer dans ce nouveau paysage des études de santé, il est crucial de comprendre les véritables enjeux qui se cachent derrière chaque étape de la sélection. Cet article est structuré pour vous guider à travers les points de rupture essentiels et les stratégies à adopter.
Sommaire : Comprendre la nouvelle sélection en études de santé
- Pourquoi 30% des erreurs au Bac viennent d’une simple conversion nm en m ?
- Mineure disciplinaire : pourquoi choisir « Droit » quand on est scientifique est un piège mortel ?
- Tutorat ou Prépa privée à 5000€ : l’investissement est-il statistiquement rentable ?
- Maïeutique et Pharmacie : pourquoi ces filières offrent de meilleures carrières que vous ne le pensez ?
- Sélection paramédicale : comment se démarquer à l’oral quand 500 candidats ont le même profil ?
- Recalé mais validé : comment rebondir en L2 classique sans perdre son année ?
- Dépression en première année : les signaux d’alerte à ne pas ignorer chez l’étudiant en santé
- Fin de partie : quelles passerelles existent si on rate ses deux tentatives d’accès santé ?
Pourquoi 30% des erreurs au Bac viennent d’une simple conversion nm en m ?
Ce titre, volontairement provocateur, illustre une réalité crue de la nouvelle sélection : l’excellence est la norme, et la moindre erreur est disqualifiante. Autrefois, au concours de PACES, on pouvait compenser une faiblesse dans une matière par un point fort dans une autre. Aujourd’hui, la sélection par classement continu ne pardonne rien. Une simple erreur de conversion en physique, une faute d’inattention en chimie organique, et ce sont des dizaines de places de perdues. Le niveau d’exigence est tel que la perfection est attendue sur l’ensemble des matières.
Cette pression à la perfection est particulièrement intense en parcours PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé), qui reste la voie majoritaire. En effet, selon la répartition prévue, environ 60 % des places en deuxième année sont accessibles aux étudiants issus du PASS. La compétition y est donc maximale. Vous n’êtes plus en compétition avec 3000 étudiants dans un amphithéâtre pour un examen final, mais en compétition permanente avec vos camarades pour chaque dixième de point, chaque jour.

Cette image illustre parfaitement la précision absolue requise. La sélection ne se joue plus seulement sur la compréhension des grands concepts, mais sur une exécution sans faille. L’étudiant qui réussit n’est pas seulement celui qui a le plus de connaissances, mais celui qui commet le moins d’erreurs sous pression. C’est un changement de paradigme fondamental que beaucoup de lycéens, habitués à un système de notation plus indulgent, sous-estiment tragiquement.
Mineure disciplinaire : pourquoi choisir « Droit » quand on est scientifique est un piège mortel ?
Le choix de la mineure disciplinaire en PASS, ou de la majeure en L.AS, est sans doute l’une des plus grandes nouveautés de la réforme. Sur le papier, l’idée est séduisante : sécuriser son parcours en cas d’échec en santé. Dans la réalité, c’est l’un des « points de rupture » les plus brutaux. Le piège le plus courant, que j’observe chaque année, est le choix d’une mineure « stratégique » mais totalement déconnectée du profil de l’étudiant. Le cas du droit pour un profil purement scientifique est emblématique.
Choisir une mineure comme le droit ou l’économie, c’est s’imposer un coût cognitif énorme. Vous devez non seulement exceller dans les matières scientifiques extrêmement denses du bloc santé, mais aussi apprendre une nouvelle méthodologie, un nouveau vocabulaire, une nouvelle façon de penser dans votre mineure. C’est comme essayer de devenir bilingue en deux langues radicalement différentes simultanément, en visant la perfection dans les deux. L’échec est quasi programmé. J’ai vu des étudiants brillants s’effondrer, non pas par manque de travail, mais par épuisement à force de jongler entre deux logiques intellectuelles incompatibles.
Le témoignage d’un ancien étudiant, que nous avons accompagné après son échec, est à ce titre éclairant :
L’année dernière en PASS, je n’ai pas pu valider mon année car j’ai eu 8 de moyenne dans mes UE santé. J’ai tout de même choisi de poursuivre mes études en droit parce que c’était ma mineure, mais j’ai dû recommencer de zéro et me réinscrire en L1 dans une autre fac sur Parcoursup.
– Anonyme, rapporté par Les Cours du Parnasse
Ce cas illustre le double-échec : non seulement l’accès en médecine est raté, mais la réorientation « sécurisée » se transforme en un redoublement pur et simple en L1. Le choix intelligent n’est pas la mineure « facile » ou « stratégique », mais celle qui est la plus proche de vos compétences de base pour y obtenir d’excellentes notes avec un effort optimisé.
Tutorat ou Prépa privée à 5000€ : l’investissement est-il statistiquement rentable ?
Face à la complexité de cette nouvelle sélection, la tentation est grande de se tourner vers des solutions d’accompagnement. Le marché a explosé, proposant des prépas privées aux tarifs souvent exorbitants. La question que les familles me posent est légitime : cet investissement est-il une garantie de succès ? Ma réponse, basée sur les faits, est sans appel : non. Payer cher ne garantit rien.
L’écart de coût est considérable. Une analyse comparative a montré que le budget annuel pour un étudiant en L.AS accompagné peut varier du simple au double, passant de 3 118 € avec un tutorat universitaire à 7 440 € en moyenne avec une prépa privée. Cet investissement massif crée une pression supplémentaire sur l’étudiant, qui porte non seulement le poids de ses ambitions, mais aussi celui du sacrifice financier de sa famille. Or, les chiffres montrent que cet investissement est loin d’être une assurance tous risques.
La réalité statistique, mise en lumière par une enquête de L’Étudiant, est un véritable avertissement :
Seuls 25% des étudiants en PASS et en L.AS sont finalement admis en deuxième année de MMOP.
– L’Étudiant, Enquête sur les prépas privées aux études de santé
Ce chiffre est essentiel. Il signifie que, même avec le meilleur accompagnement possible, trois étudiants sur quatre n’accéderont pas à la filière de leur premier choix (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie). Les prépas privées peuvent offrir un cadre, une méthode, mais elles ne peuvent ni créer des places supplémentaires, ni se substituer au travail personnel et à l’équilibre mental de l’étudiant. Les tutorats, organisés par les universités et animés par des étudiants des années supérieures, offrent souvent un soutien de grande qualité pour une fraction du prix. La sélection par l’argent est une illusion de contrôle dans un système qui reste fondamentalement basé sur le mérite académique individuel.
Maïeutique et Pharmacie : pourquoi ces filières offrent de meilleures carrières que vous ne le pensez ?
L’obsession pour « médecine » est si forte qu’elle aveugle souvent les étudiants sur d’autres filières de santé tout aussi passionnantes et porteuses de carrières exceptionnelles. Maïeutique (sage-femme), odontologie (dentaire) et pharmacie ne sont pas des « sous-choix », mais des métiers d’excellence avec leurs propres défis et satisfactions. Ironiquement, alors que la compétition pour médecine est à son paroxysme, certaines de ces filières peinent à remplir leurs rangs.
C’est un paradoxe que les chiffres confirment : un rapport récent a mis en évidence que des places restent vacantes en pharmacie et en maïeutique en 2022 et 2023. Cela signifie que des étudiants, classés et méritants, auraient pu intégrer une filière santé exigeante mais ont préféré abandonner, faute d’avoir obtenu leur premier vœu. C’est un gâchis immense, souvent basé sur des préjugés sur ces métiers.

Loin de l’image désuète de l’apothicaire, le pharmacien d’aujourd’hui est un acteur clé du parcours de soin, avec des possibilités de spécialisation en industrie, en biologie médicale ou en pharmacie hospitalière. Les études, d’une durée de 6 à 9 ans, sont aussi longues et exigeantes que celles de médecine. De même, le métier de sage-femme a considérablement évolué, avec une autonomie accrue et un rôle central dans la santé des femmes. Être stratégique, c’est aussi savoir regarder là où les autres ne regardent pas et considérer ces filières non comme un plan B, mais comme un plan A’ potentiel.
Sélection paramédicale : comment se démarquer à l’oral quand 500 candidats ont le même profil ?
Un autre changement majeur de la réforme est la montée en puissance des épreuves orales. Pour de nombreuses filières et dans de nombreuses universités, après la phase des écrits, un oral vient compléter la sélection. C’est souvent là que tout se joue, surtout pour les étudiants qui ne sont pas en tête de classement. Le problème ? Tous les candidats ont un excellent dossier académique, tous sont motivés, tous ont fait des stages. Comment faire la différence ?
L’oral n’est pas un contrôle de connaissances, c’est une évaluation de potentiel humain. Le jury ne cherche pas à savoir si vous êtes un bon étudiant – vos notes le prouvent déjà – mais si vous serez un bon soignant. Il cherche à déceler des qualités comme l’empathie, la capacité de recul, la gestion du stress, et la clarté de votre projet. Se contenter de dire « je veux aider les gens » est la recette pour se fondre dans la masse. Vous devez le montrer, le prouver, l’incarner.
Voici quelques stratégies que les candidats qui réussissent appliquent systématiquement :
- Construire un récit fondateur : Ne vous contentez pas de lister vos expériences. Choisissez-en une, même banale (un job d’été, une expérience associative), et racontez-la en montrant ce qu’elle vous a appris sur vous-même et sur le rapport à l’autre.
- Structurer la réponse à « Pourquoi vous ? » : Préparez une réponse en trois temps : 1/ « J’ai compris les enjeux du métier (ex: le vieillissement de la population pour un kiné) ». 2/ « Mon expérience X m’a donné les qualités Y pour y répondre ». 3/ « Je me projette dans ce rôle en apportant Z ».
- Poser la bonne question finale : Ne demandez pas « Quelles sont les prochaines étapes ? ». Posez une question qui montre que vous vous projetez déjà dans la formation ou le métier. Par exemple : « Quelle est, selon vous, la plus grande qualité que vos diplômés développent au cours de leur formation ici ? »
L’oral est la dernière marche, et souvent la plus haute. Il se prépare non pas en apprenant des réponses par cœur, mais en menant une véritable introspection sur son parcours et ses motivations profondes.
Recalé mais validé : comment rebondir en L2 classique sans perdre son année ?
C’est le scénario le plus fréquent et le plus difficile à gérer pour un étudiant : vous avez travaillé sans relâche, vous avez validé votre année de PASS ou de L.AS avec plus de 10/20 de moyenne, mais votre classement ne vous permet pas d’accéder aux filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie). Vous êtes « recalé mais validé ». La déception est immense, mais ce n’est pas une fin en soi, à condition d’agir vite et intelligemment.
Le système est conçu pour permettre une poursuite d’études. Si vous êtes en PASS et que vous validez votre année (au moins 60 ECTS), vous pouvez directement intégrer la L2 correspondant à votre option mineure. Si vous êtes en L.AS, vous continuez simplement en L2 ou L3 de votre licence majeure. L’année n’est donc, en théorie, « pas perdue ». Cependant, la transition psychologique est rude. Il faut faire le deuil de son projet initial et se réinvestir dans une nouvelle voie, ce qui demande une grande résilience.
L’erreur à ne pas commettre est de subir cette réorientation. Il faut au contraire la piloter activement. Voici un plan d’action pour transformer cet échec en une nouvelle opportunité.
Votre plan d’action pour rebondir après un échec en PASS/LAS
- Analyser la situation : Si vous étiez en PASS, confirmez votre passage en L2 de votre mineure. Si vous étiez en L.AS, inscrivez-vous en année supérieure de votre licence. C’est la première étape administrative pour sécuriser votre parcours.
- Explorer les options « Santé » : Renseignez-vous sur les options complémentaires ou les parcours « accès santé » qui peuvent exister dans votre nouvelle licence. Cela peut vous permettre de garder un pied dans le domaine et, dans certains cas, de retenter votre chance plus tard via d’autres passerelles.
- Valoriser l’expérience : Ne voyez pas cette année comme un échec, mais comme la preuve de votre capacité de travail et de votre résilience. Mettez-la en avant sur un CV ou lors d’entretiens pour de futurs masters.
- Viser l’excellence : Réinvestissez toute l’énergie et la méthode de travail acquises en PASS/LAS dans votre nouvelle filière. Un excellent dossier de L2/L3 vous ouvrira les portes des masters les plus sélectifs, y compris dans des domaines connexes à la santé (recherche, ingénierie biomédicale, droit de la santé…).
- Envisager une LAS alternative : Certains étudiants choisissent de se réinscrire sur Parcoursup dans une L.AS 1 différente, dans une discipline où ils se sentent plus forts, pour utiliser leur deuxième et dernière tentative. C’est une stratégie risquée qui implique de « perdre » une année, mais qui peut être payante pour certains profils.
Le rebond est un processus actif. Il demande de faire des choix rapides et éclairés pour ne pas rester paralysé par la déception et pour construire un nouveau projet académique solide.
Dépression en première année : les signaux d’alerte à ne pas ignorer chez l’étudiant en santé
Je souhaite aborder maintenant le sujet le plus grave, le plus tabou, mais aussi le plus réel : le coût psychologique de ces études. La pression est si intense que la santé mentale des étudiants est devenue un enjeu majeur de la réussite. L’idée reçue du « bizuth » qui fait la fête est à des années-lumière de la réalité d’un étudiant en PASS/LAS, souvent isolé, anxieux et épuisé. Les chiffres sont alarmants et ne peuvent être ignorés.
Une enquête nationale menée en 2021 est sans équivoque : près de 75% des étudiants en médecine et des internes ont montré des symptômes d’anxiété pathologique et 39% des symptômes de dépression. La réforme, loin d’apaiser les choses, semble avoir exacerbé le stress. Une autre étude rapporte que 43% des étudiants ressentent un stress intense plusieurs fois par jour, et 42% ont envie d’arrêter leurs études en cours d’année. Ce ne sont pas des chiffres, ce sont des vies jeunes mises en péril par un système d’une exigence extrême.
Le plus grand danger est que les signaux de détresse sont souvent paradoxaux et difficiles à déceler par l’entourage. Un étudiant au bord de la rupture n’est pas forcément celui qui se plaint ou qui abandonne. Au contraire, il peut masquer sa souffrance derrière une façade de contrôle absolu. Il est crucial pour les étudiants eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles, de savoir reconnaître les signaux d’alerte discrets :
- L’isolement social : L’étudiant ne voit plus ses amis, ne participe plus aux activités familiales, prétextant toujours devoir travailler. Le surinvestissement dans les études devient un refuge pour fuir l’anxiété.
- L’hyper-productivité paradoxale : Une phase de travail acharné, presque maniaque, peut masquer une angoisse profonde. L’étudiant cherche à étouffer sa détresse en se noyant dans le travail, jusqu’à l’épuisement.
- L’irritabilité et les troubles du sommeil : Des changements d’humeur, une hypersensibilité ou une agressivité inhabituelles sont des signes fréquents. L’insomnie ou, à l’inverse, l’hypersomnie, sont aussi des indicateurs puissants.
- La perte de plaisir (anhédonie) : L’étudiant n’éprouve plus de joie pour les activités qu’il aimait auparavant. Tout semble fade et sans intérêt en dehors de l’objectif unique de la réussite.
Reconnaître ces signes n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte de courage et de lucidité. Des aides existent au sein des universités (services de santé universitaires, psychologues). Demander de l’aide n’est pas un risque pour sa réussite, c’est au contraire une condition essentielle pour pouvoir tenir la distance.
À retenir
- La fin du numerus clausus n’a pas supprimé la sélection mais l’a transformée en une compétition stratégique continue, où la moindre erreur est éliminatoire.
- Le succès dépend moins de la quantité de travail que d’une stratégie lucide incluant le choix d’une mineure cohérente, la préparation aux oraux et l’élaboration de plans de réorientation.
- La pression psychologique est un facteur de risque majeur ; préserver sa santé mentale n’est pas une option mais une condition sine qua non pour réussir ce marathon.
Fin de partie : quelles passerelles existent si on rate ses deux tentatives d’accès santé ?
Imaginons le scénario ultime : vous avez utilisé vos deux tentatives d’accès aux filières MMOPK, sans succès. Est-ce la fin définitive de votre rêve de devenir médecin, pharmacien ou sage-femme ? Pas nécessairement. Le système a prévu des voies de recours, appelées « passerelles », mais il faut être très clair : ce ne sont pas des portes de secours grandes ouvertes, mais des chemins étroits et tout aussi sélectifs.
Ces passerelles permettent à des titulaires de certains diplômes (Master, diplôme d’ingénieur, diplôme d’État d’auxiliaire médical comme infirmier…) de candidater pour une admission directe en 2ème ou 3ème année d’études de santé. L’idée est de diversifier les profils en recrutant des étudiants plus matures, ayant déjà prouvé leur valeur dans un autre domaine. Cependant, la compétition y est féroce. Pour vous donner un ordre de grandeur, selon les statistiques de l’Université d’Aix-Marseille pour 2020, la filière médecine a admis 45 candidats via cette voie… pour 250 dossiers. Soit un taux de sélection de 18%.
Il ne s’agit donc pas d’une formalité, mais d’un nouveau concours, basé cette fois sur un dossier et un oral. Pour avoir une chance, il faut non seulement avoir obtenu un excellent diplôme, mais aussi pouvoir justifier d’un projet de réorientation extrêmement solide et cohérent. Le tableau suivant résume les principales options.
| Option | Durée | Perspectives |
|---|---|---|
| Passerelle après diplôme d’infirmier (IFSI) | 3 ans (obtention du diplôme) | Possibilité de candidater pour une intégration en 2ème année de médecine. |
| Passerelle après un Master | 5 ans minimum (Licence + Master) | Accès possible en 2ème ou 3ème année de médecine, pharmacie, etc., pour les titulaires d’un Master. |
| Études à l’étranger (UE) | Variable | Des pays comme l’Espagne, la Roumanie ou la Belgique sont des destinations prisées, mais le retour en France pour l’internat est complexe. |
Ces parcours demandent un investissement en temps considérable et une détermination sans faille. Ils ne doivent pas être vus comme une solution de facilité après un échec en PASS/LAS, mais comme un projet de vie à part entière, qui se construit sur plusieurs années.
Votre avenir ne se joue pas sur un coup de dé. Il se construit. L’étape suivante, pour vous, commence maintenant : évaluez lucidement vos forces, vos faiblesses et vos options, et bâtissez une stratégie réaliste, bien avant la première épreuve.