Publié le 15 mars 2024

La VAE est plus rentable, et non plus facile, que les cours du soir. Son succès repose sur une traduction stratégique de votre expertise, pas sur un simple inventaire de votre carrière.

  • Démontrer sa maîtrise en adoptant une posture de consultant est plus efficace que de se justifier face au jury.
  • Chaque expérience, y compris bénévole ou syndicale, peut valider un diplôme si elle est alignée sur le référentiel.

Recommandation : Avant de vous lancer, auditez vos expériences non pas pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous pouvez prouver et traduire en compétences académiques.

L’idée reçue est tenace : la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) serait un raccourci administratif, une formalité pour transformer un CV bien rempli en un diplôme officiel. Pour le professionnel pressé, jonglant entre ses responsabilités et sa vie personnelle, la promesse de contourner des années de cours du soir est séduisante. Beaucoup imaginent qu’il suffit de lister ses missions passées pour obtenir le précieux sésame. Cette vision est non seulement fausse, mais elle est la cause principale d’échec ou d’abandon.

La VAE n’est pas un simple inventaire du passé. C’est un exercice intellectuel exigeant de traduction. Il ne s’agit pas de dire « j’ai fait », mais de démontrer « je maîtrise les concepts qui sous-tendent mon action ». C’est un changement de paradigme fondamental. La « rapidité » de la VAE ne se mesure pas en mois sur un calendrier, mais en profondeur de l’effort de réflexion et en capacité à adopter un langage qui n’est pas celui de votre entreprise. Alors que d’après les chiffres clés de France VAE, plus de 400 000 candidats ont obtenu leur diplôme grâce à ce dispositif depuis 2002, beaucoup sous-estiment encore cet enjeu de traduction.

Mais alors, comment s’assurer que cet investissement en temps et en énergie est plus rentable qu’un retour sur les bancs de l’école ? La clé n’est pas dans la rapidité, mais dans la stratégie. Cet article va vous fournir les outils pour faire le bon calcul, en déconstruisant les étapes clés de la VAE, de la description de vos compétences à la soutenance, pour en faire un levier de carrière réellement efficace et rentable.

Pour vous guider dans cette démarche exigeante, nous aborderons les points stratégiques qui font la différence entre une VAE subie comme une corvée administrative et une VAE pilotée comme un véritable projet de développement professionnel.

Preuves de compétences : comment décrire votre travail sans jargon interne incompréhensible ?

L’erreur la plus commune dans la rédaction du livret 2 est de décrire son quotidien professionnel avec le langage de son entreprise. Or, le jury de VAE, composé d’enseignants et de professionnels extérieurs, ne connaît ni vos acronymes, ni les noms de vos logiciels, ni la culture de votre organisation. Votre mission n’est pas de raconter, mais de traduire. Chaque tâche doit être reformulée pour correspondre précisément aux compétences attendues dans le référentiel du diplôme visé. C’est un exercice de déconstruction et de reconstruction sémantique.

Par exemple, « gérer le reporting hebdo » ne signifie rien pour un jury. Il faut le traduire en compétences concrètes : « concevoir et mettre en œuvre des indicateurs de performance (KPIs) pour le pilotage de l’activité commerciale ». Cette traduction montre que vous ne faites pas qu’exécuter une tâche, vous en maîtrisez les concepts stratégiques sous-jacents. Il s’agit de passer d’une logique de poste à une logique de compétence universelle.

Le tableau suivant illustre cette démarche de traduction, essentielle pour rendre vos expériences lisibles et valorisables par le jury. Comme le montrent de nombreux guides, dont ceux proposés sur le portail officiel de l’administration française, cet effort est au cœur de la réussite.

Tableau de traduction : Jargon d’entreprise vs Langage académique pour la VAE
Jargon d’entreprise Traduction académique VAE Compétence validée
J’ai géré le reporting hebdo J’ai conçu et mis en œuvre des indicateurs de performance (KPIs) pour le pilotage de l’activité commerciale Analyse et gestion des données
J’ai fait de la formation terrain J’ai élaboré et animé des parcours de développement des compétences adaptés aux besoins opérationnels Ingénierie pédagogique
J’ai géré des réclamations clients J’ai piloté le processus de gestion de la relation client et de résolution des situations conflictuelles Management de la qualité
J’ai fait du SAV J’ai assuré la continuité de service et la fidélisation client par l’optimisation du parcours post-achat Stratégie commerciale

Votre plan d’action pour une description de compétences percutante

  1. Situation : Décrivez le contexte professionnel en termes génériques (ex: ‘structure de 50 collaborateurs’ au lieu du nom de l’entreprise) pour universaliser votre propos.
  2. Tâche : Reformulez votre mission en l’alignant scrupuleusement sur les intitulés du référentiel du diplôme visé. Le référentiel est votre seule boussole.
  3. Action : Détaillez vos actions en utilisant les verbes d’action du référentiel (analyser, concevoir, piloter, évaluer, coordonner) pour prouver votre niveau de maîtrise.
  4. Résultat : Quantifiez l’impact de vos actions avec des indicateurs mesurables (gains de temps en %, réduction des coûts de X€, augmentation de la satisfaction de Y points).
  5. Traduction VAE : Reliez vos résultats aux concepts théoriques du domaine (ex: lier une action commerciale à la théorie du marketing mix).

Soutenance VAE : l’erreur de se justifier au lieu de démontrer sa maîtrise

La soutenance est le moment où l’illusion de la « simple formalité » se brise définitivement. De nombreux candidats, intimidés par le jury académique, adoptent une posture défensive. Ils se justifient, racontent leur parcours chronologiquement, et attendent passivement les questions. C’est une erreur stratégique. La soutenance n’est pas un entretien d’embauche, ni un examen oral où l’on récite une leçon. C’est une démonstration d’expertise.

La bonne posture est celle du consultant expert présentant les conclusions de sa mission. Votre carrière est votre étude de cas. Votre livret 2 est votre rapport d’audit. La soutenance est la restitution de vos préconisations. Vous n’êtes pas là pour demander une validation, mais pour démontrer que vous possédez déjà le niveau de maîtrise, de réflexion et d’analyse d’un diplômé. Cela implique de prendre la main, de structurer votre présentation autour de 2 ou 3 projets phares qui illustrent l’ensemble des compétences du référentiel, et d’anticiper les questions du jury en y répondant de manière proactive dans votre exposé.

Scène de présentation professionnelle illustrant la posture de consultant expert face à un jury

Cette posture de confiance et de maîtrise change complètement la dynamique de l’échange. Vous n’êtes plus un élève face à des examinateurs, mais un pair qui échange avec d’autres professionnels et académiques. Vous montrez que vous êtes capable de prendre du recul sur votre pratique, de la théoriser et de la mettre en perspective.

Étude de Cas : La posture d’expert d’Alberto de Filippis

Alberto de Filippis, chef d’édition à Euronews avec 30 ans d’expérience, a obtenu en 2021 un Master Sécurité internationale et défense via une VAE à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Son approche illustre parfaitement ce changement de posture : il s’est positionné comme un consultant présentant une étude de cas (sa carrière) plutôt que comme un candidat en quête de validation. Cette approche proactive lui a permis de démontrer naturellement ses compétences théoriques et pratiques au jury, composé d’académiques et de professionnels du secteur, menant à une validation complète.

Que faire si le jury ne valide que 2 blocs de compétences sur 5 ?

Une validation partielle n’est pas un échec, c’est un diagnostic précis. C’est l’un des avantages souvent méconnus de la VAE sur une formation classique : au lieu d’un simple « reçu » ou « recalé », vous obtenez une feuille de route claire des compétences qui vous manquent. Il est crucial de ne pas le vivre comme une sanction mais comme une opportunité de finaliser votre parcours de manière ciblée et efficace. C’est un scénario loin d’être rare, puisque selon les statistiques du DAVA de Versailles, environ 11% des candidats obtiennent une validation partielle.

Face à cette situation, la panique est mauvaise conseillère. Reprendre une formation complète de plusieurs années serait un non-sens et annulerait tout le bénéfice de la démarche VAE. Au contraire, il faut capitaliser sur les blocs déjà validés, qui sont acquis à vie. Trois stratégies principales s’offrent à vous, à moduler selon votre situation et les préconisations du jury.

L’objectif est de transformer ce qui semble être un obstacle en un plan d’action chirurgical pour atteindre votre but avec un minimum de ressources. Voici les options à considérer :

  • La stratégie « chirurgicale » : C’est la voie la plus directe. Elle consiste à suivre une formation courte et très ciblée, visant uniquement à acquérir les compétences du ou des blocs manquants. De nombreux organismes proposent désormais des modules capitalisables. La durée est souvent de 3 à 6 mois, un investissement bien moindre qu’un cursus complet.
  • La stratégie du « complément d’expérience » : Si la compétence manquante est très pratique, la meilleure solution peut être de l’acquérir sur le terrain. Vous pouvez négocier avec votre employeur une mission temporaire, un projet spécifique ou même un stage court dans un autre service pour couvrir le périmètre manquant. Une fois l’expérience acquise (quelques mois suffisent souvent), vous pourrez représenter votre dossier.
  • La stratégie du « pivot » : Parfois, les blocs validés peuvent être des passerelles. Il est possible d’utiliser ces blocs déjà acquis pour candidater à un autre diplôme, connexe au premier, où ces compétences sont suffisantes pour une validation complète ou une admission à un niveau supérieur. C’est une manœuvre de réorientation intelligente.

Coût de la VAE vs Augmentation salariale : le calcul de rentabilité à faire avant de se lancer

La question « VAE ou cours du soir ? » ne doit pas se poser en termes de « rapidité » mais de retour sur investissement (ROI). Penser que la VAE est « gratuite » ou « moins chère » est une simplification. Il faut considérer le coût direct (accompagnement, frais de dossier), mais surtout le coût indirect et le manque à gagner. Un professionnel pressé doit effectuer un calcul de rentabilité lucide avant de s’engager.

La VAE, bien menée, présente un avantage financier majeur : vous maintenez votre activité professionnelle et votre salaire pendant toute la démarche. Les cours du soir, eux, impliquent souvent une réduction du temps de travail, des congés sans solde, ou à minima une charge mentale et physique qui peut impacter votre performance au travail. La VAE est un investissement intellectuel intense sur une période courte (12-18 mois), tandis que les cours du soir sont un marathon de longue haleine (souvent plus de 3 ans) avec un coût financier direct bien plus élevé.

Représentation visuelle du calcul de rentabilité entre VAE et formation traditionnelle

L’impact sur la carrière et le salaire est également décalé. Avec la VAE, la promotion ou l’augmentation salariale peut être quasi immédiate après la validation. Avec une formation, il faut attendre la fin du cursus de plusieurs années. Cette différence de temporalité est cruciale dans le calcul du ROI.

L’analyse comparative suivante, basée sur des données générales souvent mises en avant par des organismes comme ceux rattachés au Ministère du Travail, met en lumière le véritable enjeu financier et stratégique pour un technicien visant un poste d’ingénieur.

Analyse comparative du ROI : VAE vs Formation classique pour un technicien devenant ingénieur
Critère VAE Cours du soir (3 ans)
Coût direct 2000-4000€ (accompagnement) 15000-20000€ (formation)
Durée moyenne 12-18 mois 36 mois
Temps personnel investi 500h environ 1500h minimum
Manque à gagner 0€ (activité maintenue) Variable selon réduction d’activité
Impact carrière immédiat Promotion possible dès validation Promotion après 3 ans
ROI sur 5 ans +25-35% de salaire +20-25% de salaire (décalé)

Bénévolat et syndicat : ces expériences oubliées qui peuvent valider un Master RH

L’un des biais les plus courants chez les candidats à la VAE est de ne considérer que leur expérience professionnelle salariée. C’est une vision restrictive qui peut vous faire passer à côté de compétences cruciales. Toute expérience, qu’elle soit bénévole, associative, syndicale ou même personnelle (aidant familial, par exemple), est une source potentielle de compétences valorisables. La clé, encore une fois, est la capacité à les traduire dans le langage du référentiel.

Un rôle de trésorier dans un club sportif, par exemple, peut sembler anecdotique. Pourtant, si vous avez géré des budgets, négocié avec des fournisseurs ou supervisé les contrats de quelques employés, vous avez développé des compétences en gestion budgétaire, en négociation et en pilotage de la masse salariale. Correctement analysées et documentées, ces actions peuvent parfaitement correspondre à un bloc de compétences d’un Master en Ressources Humaines ou en Gestion.

De même, un mandat de délégué syndical est une mine d’or pour valider des compétences en relations sociales, en négociation collective et en droit du travail. L’étude de cas des candidats en Auvergne-Rhône-Alpes le démontre : un candidat a brillamment valorisé son expérience de trésorier pour valider des compétences de Master RH en traduisant ses actions en termes de gestion de projet, de KPI et de management des parties prenantes. Le tableau ci-dessous donne des exemples concrets de cette traduction.

Correspondance entre activités bénévoles et compétences Master RH
Activité extra-professionnelle Compétence Master RH validable Éléments de preuve à fournir
Trésorier club sportif Pilotage masse salariale et rémunérations Budgets, contrats joueurs, primes gérées
Délégué syndical Relations sociales et négociation collective PV de négociations, accords signés
Président association Management d’équipe et leadership Organigramme, projets menés, effectifs gérés
Organisation événement associatif Gestion de projet et conduite du changement Planning, budget, bilan de l’événement
Parent délégué école Médiation et communication institutionnelle Comptes-rendus conseils, médiations réalisées

Certifications RNCP : pourquoi vérifier ce code est la seule garantie de valeur de votre diplôme ?

Dans la jungle des formations et des diplômes, un seul label fait foi en France : l’inscription au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). S’engager dans une démarche VAE pour un titre qui n’est pas ou plus « actif » au RNCP est une perte de temps et d’argent. Ce code n’est pas un détail administratif, c’est la garantie officielle que le diplôme est reconnu par l’État et par les branches professionnelles. Il atteste d’un niveau de qualification (de 3 à 8) et d’une adéquation avec les besoins du marché du travail.

Un diplôme sans code RNCP valide n’a, pour un employeur ou pour une administration (dans le cas d’un concours), aucune valeur officielle. Il ne vous ouvrira pas les portes des grilles salariales conventionnelles ni ne vous permettra de poursuivre vos études. Avant même de rédiger la première ligne de votre livret 1, la vérification du statut de la certification visée est une étape non-négociable. Le site France Compétences est l’unique source de vérité pour cette vérification.

La démarche est simple et doit devenir un réflexe. Elle vous protège des organismes de formation peu scrupuleux et vous assure que votre investissement sera reconnu. Voici les étapes à suivre :

  • Étape 1 : Rendez-vous sur le site de France Compétences et utilisez le moteur de recherche « Rechercher une certification ».
  • Étape 2 : Saisissez l’intitulé exact du diplôme ou, idéalement, son code RNCP si vous le connaissez.
  • Étape 3 : Analysez la fiche. La mention la plus importante est « Certification active » ou « Inactive ». Si elle est inactive, le diplôme n’est plus délivré. Vérifiez aussi la date de fin de validité, le niveau de qualification et les blocs de compétences qui le composent.
  • Point de vigilance : La fiche détaille également les métiers visés. Assurez-vous qu’ils correspondent à votre projet professionnel pour éviter les mauvaises surprises.

Validation des acquis : peut-on garder ses notes de L1 Droit pour aller en L1 Histoire ?

Cette question cache une confusion fréquente entre deux dispositifs différents : la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), qui vise à obtenir un diplôme complet, et la Validation des Acquis Professionnels (VAP 85) ou la validation d’études supérieures (VES), qui permettent d’intégrer un cursus de formation sans avoir le titre requis ou en étant dispensé de certains enseignements. On ne « garde » pas ses notes. En revanche, on peut faire valider ses acquis pour contourner les prérequis.

Dans le cas d’une réorientation de L1 Droit vers L1 Histoire, demander une « équivalence » matière par matière est souvent un casse-tête administratif peu fructueux. Une stratégie plus fine, relevant de la VAP, consiste à ne pas viser une entrée en L1, mais directement en L2 Histoire. L’argumentaire ne portera pas sur les matières communes (souvent inexistantes), mais sur les compétences transversales acquises : rigueur méthodologique, capacité d’analyse de textes complexes, recherche documentaire, argumentation structurée. Ces compétences, développées en Droit, sont fondamentales en Histoire.

Comme le précise la définition officielle, la VAP est un outil puissant pour construire des parcours non-linéaires.

La VAP85 permet d’accéder directement à une formation universitaire sans avoir le diplôme requis, en faisant valider une expérience professionnelle, les formations suivies ou les acquis personnels développés hors de tout système de formation.

– Ministère de l’Enseignement supérieur, Site officiel du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Cette approche transforme une demande de « dispense » en une candidature proactive. Vous ne demandez pas une faveur, vous prouvez que vous avez déjà le niveau pour intégrer une année supérieure. C’est une manœuvre intelligente qui, si elle est bien argumentée dans un dossier solide, peut faire gagner une année complète au candidat.

À retenir

  • La VAE est un exercice de traduction stratégique, pas un inventaire de CV.
  • La rentabilité se mesure en ROI (coût, manque à gagner, impact salarial) et non en simple durée.
  • Adopter une posture de consultant expert durant la soutenance est plus efficace que de se justifier.

Diplôme d’État vs Titre Certifié : quelle différence réelle pour votre grille de salaire future ?

La finalité d’une VAE est souvent une évolution de carrière et une revalorisation salariale. Or, tous les diplômes ne se valent pas sur le marché du travail. Il est crucial de comprendre la différence entre un Diplôme d’État (comme une Licence, un Master, un BTS) et un Titre Certifié RNCP délivré par un organisme privé. Si les deux peuvent avoir le même niveau de qualification reconnu (par exemple, niveau 7 pour un Master ou un Titre d’Ingénieur), leur impact sur votre grille de salaire ne sera pas le même selon votre employeur.

Dans la Fonction Publique, la distinction est nette et sans appel. Les concours de catégories A et B sont accessibles quasi exclusivement avec des Diplômes d’État. Un Titre Certifié, même de niveau équivalent, ne vous permettra pas de vous y inscrire. L’impact sur la grille indiciaire et donc sur le salaire est direct et significatif.

Dans les grandes entreprises du secteur privé, la situation est plus nuancée. Les conventions collectives et les grilles de classification internes reconnaissent généralement les niveaux RNCP. Un Titre Certifié de niveau 7 sera souvent considéré à l’égal d’un Master, à condition que la spécialité soit pertinente pour le poste. En revanche, pour les PME et les startups, le type de diplôme importe souvent moins que les compétences démontrées. La négociation salariale y est plus individualisée, et le diplôme sert avant tout d’argument dans cette négociation.

Le tableau suivant synthétise l’impact de ces deux types de certifications sur le salaire en fonction du contexte professionnel.

Impact sur la grille salariale selon le type d’employeur
Type d’employeur Diplôme d’État Titre Certifié RNCP Impact salarial
Fonction Publique Indispensable pour concours catégorie A/B Non reconnu pour les concours Différence de 20-30% sur la grille indiciaire
Grande entreprise (CAC40) Reconnu selon niveau Reconnu si niveau RNCP équivalent Équivalence selon convention collective
PME/Startup Apprécié mais non déterminant Valorisé si compétences démontrées Négociation individuelle (+0 à +15%)
International Reconnaissance LMD automatique en Europe Démarches d’équivalence nécessaires Variable selon pays

Pour une décision éclairée, il est donc fondamental d’anticiper l'impact du type de diplôme sur votre future rémunération.

En définitive, la VAE est un puissant levier de carrière, à condition de l’aborder avec la rigueur d’un projet stratégique. Ce n’est ni une formalité, ni un raccourci facile. C’est un investissement intellectuel qui, s’il est bien mené, offre un retour sur investissement bien supérieur à celui d’une formation classique pour un professionnel déjà en poste. Votre prochaine étape consiste à passer de la réflexion à l’action en évaluant concrètement la faisabilité de votre projet. Commencez par auditer vos expériences, non pas pour lister ce que vous avez fait, mais pour identifier ce que vous pouvez prouver. C’est le véritable point de départ d’une VAE réussie.

Rédigé par Jean-Marc Jean-Marc Vermeil, Directeur des Ressources Humaines (DRH) et expert en formation continue pour adultes (CPF, VAE, Transition Pro). Il dévoile les secrets du recrutement, de la négociation salariale et du développement des soft skills.